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Romain Kuntz : « L’Université m’a offert la liberté »

Portraits

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11/04/2014

Ingénieur recherche et développement à l’Université de Tokyo, puis chez Toyota dans la Silicon Valley, docteur en informatique et depuis peu entrepreneur : Romain Kuntz marie, dans son nouveau métier de consultant, ses passions et fait fructifier une dizaine d’années dans la recherche, fondamentale ou appliquée.
 

«L’université m’a offert de la liberté. C’est un très bon environnement de travail quand on est passionné par ce que l’on fait. Il faut bien sûr savoir l’utiliser à bon escient. Pour ma part, elle m’a permis d’apprendre par moi-même, de m’auto-former, de m’ouvrir à d’autres horizons, de m’investir dans des associations ou d’en créer. L’université permet les parcours atypiques. Elle donne les livres, à nous de savoir si nous voulons les lire. » Et cette liberté, Romain Kuntz a su la mettre à profit pour acquérir un profil pointu dans deux domaines qui ne le sont pas moins liés à l’informatique : les nouveaux protocoles internet et les réseaux de capteurs.


Le goût de la recherche
Après un IUP[1] en génie mathématique et informatique, il s’envole pour le Japon en 2004 pour réaliser son stage de master professionnel dans un laboratoire de recherche à l’Université Keio à Tokyo, avec lequel travaille l’équipe « réseaux et protocoles » du LSIIT, devenu depuis ICube (CNRS – Université de Strasbourg) en 2013. Sa mission porte sur le développement de nouveaux protocoles de communication sur internet : autrement dit, augmenter les performances de l’internet de demain (c’est-à-dire celui d’aujourd’hui !), capables de supporter l’explosion du trafic, de nouvelles applications et de nouveaux équipements. Il y reste deux ans après son stage.


Des capteurs communicants aux véhicules connectés
Cette première expérience le séduit et lui donne envie de poursuivre dans la recherche. Il entame une thèse au LSIIT sur la plateforme de réseaux de capteurs communicants, baptisée Senslab. Unique en son genre, elle comprend 1024 capteurs sans fils qui détectent, collectent et traitent une multitude de signaux et d’informations d’une manière autonome. Les applications vont de la surveillance environnementale (feux de forêt, activité sismique par exemple) à la domotique ou la santé. Demain, ces réseaux de capteurs pourraient remplacer les câbles dans nos voitures. « J’étudiais comment des capteurs mobiles pouvaient s’intégrer dans ce réseau, faire en sorte qu’ils consomment peu d’énergie tout en étant performants » explique Romain.

Sa thèse en poche, il poursuit sa carrière aux Etats-Unis, dans la Silicon Valley, à l’unité de recherche-développement de Toyota. Il est chargé de veille technologique pour l’intégration des nouvelles technologies dans les véhicules : connexion internet, électronique embarquée, capteurs en tous genres. S’il s’agit aujourd’hui plutôt d’une assistance à la conduite, cela mènera, à terme, aux véhicules parfaitement autonomes.


Cultiver l’entrepreneuriat
« J’avais envie de monter ma boîte depuis longtemps, mais j’ai repoussé car de belles opportunités s’offraient. Je me suis lancé en 2012. » raconte-t-il. Ce goût pour l’entrepreneuriat et l’indépendance, il l’a aussi cultivé au cours de ses études, au sein de la « junior entreprise » de l’IUP, dont il a été le président. « La fac a toujours soutenu la création d’entreprises » dit-il. Avec sa société, IP Flavors, il s’appuie sur son expérience pour proposer des solutions et un accompagnement aux entreprises en matière de télécommunications, nouvelles technologies et réseaux de capteurs mobiles. Seul pour l’instant, il souhaite développer son activité et créer des emplois.

Quant au réseau Alumni, Romain y voit la possibilité de créer du lien entre les anciens, de faire des rencontres, de diffuser des offres pour « dénicher des talents ». La création d’un « vrai réseau social », pas seulement virtuel, mais aussi en chair et en os.
 

Stéphanie Robert

[1] Equivalent à une maîtrise professionnelle

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