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Aurore Py, auteure : "Créatrice et spectatrice d’un univers"

Portraits

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15/09/2017

Le profil d’Aurore Py, 37 ans, est pour le moins singulier : diplômée en théologie catholique, professeure de français langue étrangère de 2005 à 2012 et auteure de romans depuis. Elle n’a cessé de travailler à son compte et c’est la fac qui lui a appris qu’elle était faite pour ça. Son dernier roman est sorti en mai 2017.

 

Le titre de son dernier roman, paru aux éditions de L’Aube, est drôle et audacieux : L'art de vieillir sans déranger les jeunes, inspiré d’une réplique de Pierre Desproges. Le précédent ne l’était pas moins : Lavage à froid uniquement ! Dans L'art de vieillir sans déranger les jeunes, il est question d’une gériatre qui choisit d’entrer dans un EHPAD, une fois à la retraite, à 67 ans. Le thème du vieillissement est traité avec humour et légèreté pour dédramatiser cette étape de la vie qui, selon elle, « n’est pas si horrible ». « Il y a parfois de la tristesse et de la douleur, mais des études montrent que c’est l’âge où les personnes sont le plus heureuses, déchargées des responsabilités et obligations professionnelles, de la charge des enfants et de celle de leurs parents. Ce sont des personnes sans filtres. J’avais envie de montrer cet autre aspect. » Et Aurore sait de quoi elle parle, puisque le roman est inspiré de ses années étudiantes à Strasbourg, quand elle travaillait à l’Abrapa comme aide à domicile. Elle adorait ce travail d’été qui lui procurait des moments de complicité avec les personnes âgées, à jouer au scrabble par exemple, après le ménage.

 

« J’ai décidé de me donner cette chance »

 

Lavage à froid uniquement est un polar humoristique qui emprunte à son expérience de mère au foyer. Elle a commencé à écrire en 2012, après la naissance de son deuxième enfant. Une envie spontanée. Elle corrigeait alors des manuscrits de particuliers et s’est dit : « pourquoi pas moi ? ». « J’ai envoyé mon manuscrit sans avoir de grandes attentes, je savais que c’était très difficile d’être publiée. J’ai eu la chance de trouver un éditeur, je me suis pris au jeu. Avec le deuxième, la machine s’est emballée. Je ne l’avais pas prévu, mais j’ai décidé de me donner cette chance. »

Elle n’en vit pas encore, mais elle considère l’écriture comme un mi-temps, parallèlement à l’éducation de ses deux enfants. L’écriture est avant tout un plaisir, celui de créer des personnages et de les voir évoluer. « Je pense à eux toute la journée, ils m’habitent en permanence ». Elle se dit à la fois « créatrice et spectatrice d’un univers ».

 

Elle écrit son quatrième roman, suite du premier, une saga familiale dans les années 1940. Elle doit mener des recherches historiques pour que le contexte soit juste. C’est à la Faculté de théologie catholique qu’elle a appris à le faire. Issue d’une famille très pratiquante, elle s’est dirigée vers la théologie par curiosité et intérêt. « J’ai vraiment aimé ces quatre années. Ce sont des études très complètes, avec beaucoup de philosophie, d’histoire, d’éthique, de sociologie, l’étude des autres religions et des langues anciennes… Elles aident à penser au-delà de l’Eglise. Encore aujourd’hui, elles me donnent une lecture de notre époque ». Ses années à la fac lui ont aussi révélé qu’elle était faite pour travailler en indépendante, à son compte. Elle y a appris sa méthode de travail et son organisation.

 

Un étudiant de 81 ans…

 

Elle se souvient y avoir côtoyé André Turcat, premier pilote du Concorde. « A 81 ans, il avait décidé qu'il lui fallait une licence de théologie avant de mourir. C'était étrange et émouvant, de voir un homme si expérimenté, qui avait déjà eu de multiples vies, se trouver tout aussi stressé que nous autres jeunes étudiants avant de passer devant les examinateurs. »

 

L’auteure explique qu’elle ne fait pas de prévisions à très long terme, qu’elle préfère se laisser porter par la vie. Visiblement, cette philosophie lui réussit. C’est le conseil qu’elle donne : « toujours aller voir », selon l’expression de Jacques Brel, se laisser guider par sa curiosité et le hasard.

 

Stéphanie Robert

 

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