L'alumni du mois [février 2025]
07/03/2025
Deux questions à Paul Quinio, promotion 1991, directeur délégué de la rédaction de Libération et parrain de la promotion 2022-2024 du Cuej.
Peux-tu nous parler de ton métier ?
En tant que directeur délégué de la rédaction de Libération, c'est à dire numéro deux du journal, mon job consiste à piloter aux côtés de Dov Alfon, directeur de la rédaction et de la publication, son site et la version papier. Le piloter au quotidien, c'est participer aux deux conférences de rédaction que nous tenons chaque jour, une le matin, une l'après-midi, lors desquelles chaque service (international, politique, société, culture etc) propose ses sujets pour la journée. Mon rôle est alors de m'assurer d'une bonne hiérarchisation de l'actualité, de la pertinence des angles proposés, d'en suggérer si besoin. C'est aussi lors de ces réunions que nous décidons des sujets qui seront montés à la home du site, et du sujet qui fera la une du print. Une réunion de une a aussi lieu chaque soir, en présence de la direction, qui a le dernier mot sur le choix du titre et de la photo. Piloter le journal, c'est aussi décider de ses orientations stratégiques, éditoriales et économiques sur trois ans. Enfin, le job de directeur délégué comporte une part importante de gestion des ressources humaines (recrutement, mobilité interne, politique salariale, etc) d'une équipe d'environ 250 journalistes.
Que t'a apporté le Cuej ?
J'ai d'excellents souvenirs de mes deux années d'études au Cuej, et de l'équilibre entre ses enseignements universitaires et les séquences encadrées par des professionnels de la radio, de la télé, de la presse écrite, venus de médias régionaux ou nationaux. Je dois beaucoup au Cuej, puisque c'est grâce à mon CDD de fin d'études que je suis entré en 1991 à Libération comme secrétaire de rédaction, et que j'y suis toujours... 34 ans après. Si je devais résumer un apport décisif du Cuej, en plus de l'esprit de rigueur, c'est l'esprit d'humilité et la culture du doute que son directeur de l'époque, Alain Chanel, s'échinait à nous transmettre. A l'époque, je n'avais pas conscience en tant qu'étudiant de l'importance de ces deux qualités pour être un bon journaliste. Cela pouvait même m'agacer parfois à l'époque. Avec le recul, c'est sans doute ce que le Cuej m'a transmis de plus précieux.

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