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Yves Lavoinne : 3 000 étudiants à son palmarès

Portraits

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11/04/2014

Agrégé de lettres classiques en 1968, Yves Lavoinne est recruté, deux ans après, en tant qu’assistant au Centre universitaire d’enseignement du journalisme (Cuej). Il y a enseigné pendant plus de 40 ans avant de prendre une retraite bien méritée en août 2012.


« Avec du recul, je me dis que si je n’avais pas croisé le directeur du Cuej de l’époque, Jacques Léauté au détour d’un couloir, je ne serais peut-être jamais devenu enseignant là-bas ! », confie Yves Lavoinne. Mais c’est d’abord le hasard des nominations après l’agrégation qui a mené ce Normand d’origine à Strasbourg en 1968. « Je convoitais l’académie de Strasbourg car je voulais faire une thèse sur Grégoire de Nysse, un évêque de Cappadoce du IVe siècle, et la ville proposait des études grecques et comptait deux facultés de théologie », explique Yves Lavoinne. Dès la première année, il donne deux heures de cours par semaine au Cuej. Et après deux ans passés à enseigner le Français à l’Ecole militaire de Strasbourg, il intègre la composante en tant qu’assistant. Titulaire d’une licence de lettres classiques de l’Université Paris-Sorbonne, c’est l’expérience pédagogique au Cuej qui l’incite à faire un stage dans une entreprise de presse pour mieux connaître le journalisme, univers peu connu, peu travaillé et même encore marginal dans le monde universitaire de l’époque. « Quand j’ai accepté ce poste au Cuej, je ne pensais pas y rester longtemps, j’envisageais d’intégrer la Faculté de lettres pour y enseigner la littérature grecque, confie-t-il aujourd’hui. Mais finalement je suis resté ! » Et, de l’Antiquité tardive, sa thèse s’est déplacée au XXe siècle (Aragon journaliste) !


Un métier difficile
Pendant ses 42 années d’enseignement au Cuej, il a successivement formé la jeunesse à l’écriture journalistique, à l’analyse de la presse et à l’histoire des médias. Il a même été directeur du Cuej de 1983 à 1989. Et il se souvient en particulier de la grève étudiante fin 1986 contre le projet de loi Devaquet qui prévoyait de sélectionner les étudiants à l’entrée des universités et de mettre celles-ci en concurrence. « J’étais directeur du Cuej à l’époque et mes étudiants voulaient faire grève, je leur avais répondu que ce n’était pas logique pour eux qui avaient intégré l’école sur concours. Ils m’ont répondu que c’était par solidarité ! »

Entre les étudiants du Cuej, ceux de la Faculté des sciences de l’éducation1 et ceux rencontrés en formation continue, près de 3 000 étudiants ont suivi ses cours ! Et ce qu’il a apprécié toutes ses années d’enseignement, c’est le contact établi avec les étudiants.  « Mais ce métier est difficile à faire plus de 40 ans de suite et il faut se trouver d’autres préoccupations que purement pédagogiques pour tenir le coup », explique Yves Lavoinne.


Des rencontres remarquables
C’est ce qu’il a fait en écrivant des livres et des articles sur les médias mais surtout en acceptant différentes responsabilités administratives au cours de sa carrière. Il a d’abord été vice-président de l’Université Robert-Schuman de 1989 à 1994 et a enchaîné avec la présidence du Pôle universitaire européen entre 1995 et 20052. « Ces diverses expériences ont été très positives. J’ai ainsi  rencontré des gens aux univers intellectuels et professionnels très variés.» C’est ce qui lui plaît aussi dans le réseau alumni. « Il permet de capter des domaines très différents avec de possibles retombées professionnelles pour les étudiants. Comme l’association d’anciens étudiants du Cuej n’a jamais eu les résultats escomptés, je suis content de voir que l’université a réussi à créer un tel réseau. »

Si la décision de partir à la retraite a été difficile à prendre – « quand on entre à l’école à 5 ans et qu’on en sort à 67 ans, c’est forcément compliqué ! » –, Yves Lavoinne ne la regrette finalement pas. Il a depuis rejoint sa Normandie natale où il coule des jours paisibles entre bridge et activité physique. Il est également en pleine écriture de son prochain livre sur la naissance du journalisme parlementaire qui, il espère, sortira d’ici la fin de l’année prochaine.

Floriane Andrey
 

1Il a donné des cours de Théorie de la communication en licence et de Médias et culture en master.

2Créé en 1991, ce groupement d’intérêt public regroupait les trois universités strasbourgeoises et trois collectivités locales (Région Alsace, département du Bas-Rhin et le Communauté urbaine de Strasbourg) et avait pour objectif de rapprocher les trois universités et de créer des liens réguliers avec les collectivités, il a donc disparu avec la fusion.

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