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Marie-France Juchert : du droit à la conservation de bibliothèque : une vocation tardive

Portraits

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04/07/2014

Ancienne étudiante de la faculté de droit de l’Université de Strasbourg, Marie-France Juchert exerce désormais le métier de conservatrice de bibliothèque à la Bibliothèque Universitaire de Nanterre. Là, elle exploite au quotidien son bagage de juriste pour conseiller au mieux les étudiants dans leurs recherches documentaires. Une vocation qu’elle avoue avoir découvert tardivement et inopinément à la fin de ses études.
 

« Avoir une vocation très tôt n’est pas forcément nécessaire. Rebondir est toujours possible dans la vie », commente Marie-France Juchert, conservatrice de bibliothèque depuis juillet 2013 au département droit-économie de la Bibliothèque Universitaire Paris-Ouest Nanterre. Juriste de formation, cette ancienne étudiante de la faculté de droit de l’Université de Strasbourg sait de quoi elle parle, puisqu’elle-même a découvert la sienne sur le tard. D’un tempérament curieux, la jeune femme avoue avoir longtemps hésité quant à son orientation une fois son baccalauréat scientifique en poche. « J’aurais voulu tout faire, tout m’intéressait ! », commente Marie-France.

Faute de se sentir assez scientifique pour envisager cette voie universitaire, elle opte pour des études de droit à l’Université de Strasbourg. « C’était un choix calculé. J’avais dans l’idée que cette filière contenterait chez moi une certaine rigueur scientifique. » Contre toute attente, Marie-France se montre passionnée par ses études. « Etudier le droit était intellectuellement stimulant. C’était une formation solide et rigoureuse. » Mais en master 2, en 2009, après plusieurs stages dans des professions juridiques, la jeune femme se désolidarise de son choix. « Plus j’avançais et plus je devenais spécialisée. J’ai alors un peu perdu la flamme», explique Marie-France.


Un job d’étudiant déterminant
C’est son job d’étudiante, qu’elle effectue concomitamment à l’accueil de la Bibliothèque Nationale Universitaire de Strasbourg, qui lui apporte une perspective professionnelle toute nouvelle et inattendue. En contact avec le public, elle y côtoie des conservateurs de bibliothèque et découvre un environnement de travail plaisant et une profession qu’elle connait mal. « Avant, j’imaginais qu’un conservateur de bibliothèque était quelqu’un qui s’occupait de vieux manuscrits ! », plaisante la jeune femme. Marie-France se rend compte de la diversité des missions de la profession. « Laisser libre cours à sa curiosité est ici possible voire indispensable. Il faut être polyvalent et adaptable. » La curiosité exacerbée de la jeune femme et son aversion de l’hyperspécialisation deviennent des qualités.

Marie-France se met en tête de passer le concours d’entrée à l’Ecole Nationale Supérieure des Sciences de l’Information et des Bibliothèques (ENSSIB) de Villeurbanne, un concours de catégorie A de la fonction publique, parcours obligé pour tout aspirant conservateur de bibliothèque. Extrêmement sélectif, ce concours exige des candidats une excellente culture générale. Afin de mettre toutes les chances de son côté, la jeune femme intègre la classe préparatoire aux concours de l’ENA à l’IEP de Rennes en 2010 et présente également d’autres concours de la fonction publique. Finalement, Marie-France décroche celui de l’ENSSIB et s’engage pour 18 mois de formation théorique et pratique.


Tirer profit du passé pour mieux servir le présent
Aujourd’hui, au sein de la Bibliothèque Universitaire de Nanterre, Marie-France met son bagage de juriste à profit des étudiants pour leur apporter la meilleure offre de services. « Maîtriser la documentation juridique et la recherche d’informations, en connaître les enjeux, est une plus-value indéniable de ma formation acquise à la faculté de droit. Je l’exploite quotidiennement dans mon travail.» A la tête d’une équipe de dix personnes, elle y assume des fonctions hautement diversifiées : de l’acquisition à la gestion des collections du département, en passant par le co-pilotage d’un projet de rénovation de salles, la jeune femme prend part au projet d’établissement dans sa globalité.

Ravie de l’existence du réseau Alumni de l’Université de Strasbourg et de l’émergence d’un esprit communautaire et d’appartenance à cette Université, Marie-France invite les étudiants à rester confiants quant à leur avenir professionnel : « C’est en multipliant les expériences qu’on réussit à trouver sa voie. »  Et constate : « Même si j’ai trouvé la mienne un peu tard, j’ai tout de même gardé une certaine cohérence : je suis conservatrice de bibliothèque, certes, mais dans une bibliothèque juridique ! »
 

Véronique Meder

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