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Laurent Nadolski : un physicien des accélérateurs au SOLEIL

Portraits

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23/05/2014

A la fois ingénieur et physicien, Laurent Nadolski utilise depuis douze ans sa double formation acquise à l’Université Louis Pasteur et l’ENSPS, pour ses missions au sein du synchrotron SOLEIL et veiller aux bonnes performances des accélérateurs.
 

Aussi loin qu’il s’en souvienne, Laurent Nadolski a toujours souhaité devenir physicien, pour comprendre le monde qui l’entoure. C’est chose faite puisque depuis douze ans il officie en tant que physicien des accélérateurs au sein du synchrotron SOLEIL, sur le Plateau de Saclay. Là, il veille aux bonnes performances de ce grand instrument électromagnétique de 354 m de circonférence, où les électrons stockés rayonnent des faisceaux lumineux très intenses servant à scruter la matière, tel un microscope géant.

Comme souvent, Laurent envisageait à ses débuts une autre voie : celle de l’astrophysique et de la cosmologie. Après deux années de classe préparatoire Maths sup Maths spé en région parisienne, il intègre l’Ecole Nationale Supérieure de Physique de Strasbourg (ENSPS), rebaptisée depuis Telecom Physique Strasbourg. Il suit en parallèle un cursus universitaire à l’Université Louis Pasteur, passe sa licence de physique, obtient une équivalence de maîtrise et couple sa troisième année d’école d’ingénieur à un DEA de Physique Subatomique, Modélisation et Instrumentation. En stage à l’Institut de Mécanique Céleste et de Calculs des Ephémérides à Paris, il découvre la physique des accélérateurs, une discipline alors inexplorée durant ses études. C’est le déclic. Au sein de cet Institut, il travaille à la visualisation de la rotation des planètes au moyen de techniques numériques. Celles-ci deviendront en 1998 le cœur de sa thèse en physique des accélérateurs. Pendant trois ans, il applique alors ces techniques à l’étude de la dynamique des particules dans un accélérateur.


Quand l’attraction du SOLEIL est plus forte
Sa thèse en poche, le jeune physicien s’envole en 2011 vers les Etats-Unis et un post-doc à l’Advanced Light Source, le synchrotron du Laboratoire National Lawrence à Berkeley.  « A l’origine, je devais partir pour deux ans. Mais au bout d’un an, j’ai eu deux offres de poste en France, dont une au synchrotron SOLEIL. Je l’ai acceptée », se rappelle Laurent. A cette époque, celui-ci n’existe pourtant pas encore : en lieu et place des actuelles imposantes infrastructures s’étend un vaste champ de dix-sept hectares. Les premiers coups de pioche interviennent en 2003. Durant quatre ans, Laurent s’investit dans ce projet d’envergure et participe à la conception et au design des accélérateurs grâce à des simulations numériques. Sa double formation de physicien et d’ingénieur lui fournit le vocabulaire et les connaissances nécessaires pour interagir efficacement avec les différents groupes de recherche arrivés sur place. En juin 2006, l’émission du premier faisceau de particules dans l’anneau de stockage du synchrotron SOLEIL est un succès.


Toujours se renouveler pour ne rien lâcher
En douze ans, les missions de Laurent ont beaucoup évolué. Une chance pour ce passionné qui reconnaît avoir régulièrement besoin de nouveaux challenges. « Grâce aux conférences internationales et aux workshops, je découvre de nouvelles technologies et innovations capables d’améliorer les performances du synchrotron SOLEIL. Ceci participe beaucoup à ma motivation. Sans oublier l’aspect managérial, que je développe aujourd’hui davantage dans mon travail. »

De son passage à l’Université de Strasbourg et à l’ENSPS, Laurent garde un excellent souvenir. « Cela a été trois merveilleuses années pendant lesquelles je me suis entièrement dédié à l’enrichissement de mes connaissances. Un vrai plaisir pour moi. J’allais souvent au-delà de ce qu’on nous demandait en cours. »

Inscrit récemment au réseau Alumni de l’Université de Strasbourg pour renforcer son lien avec les jeunes étudiants, Laurent ne cache pas son désarroi face à la désaffection dont souffre sa filière. « Intéresser les jeunes au métier de physicien est très difficile. Au sein du synchrotron SOLEIL et de la Société Française de Physique, je tâche de remotiver les jeunes et les incite à venir découvrir nos métiers.» A un jeune étudiant souhaitant s’engager dans cette voie, Laurent conseillerait de ne surtout pas hésiter. « C’est un métier passionnant ! », confie le physicien. « Mais il n’y a pas de miracle : il faut beaucoup travailler. Et avoir un esprit international pour effectuer des stages à l’étranger », conclut-il.
 

Véronique Meder

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