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Charles Ruggieri, fondateur et président de Batipart, Luxembourg : "Etudiant boursier devenu entrepreneur multiple"

Portraits

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01/10/2018

Diplômé de la Faculté de droit de Strasbourg, Charles Ruggieri a fait fortune avec sa passion : créer et développer des sociétés. Fils d'immigré italien ouvrier dans la sidérurgie lorraine, il se qualifie de « pur produit de l’ascenceur social ». Récit du parcours de cet alumni devenu le 94e homme le plus riche de France[1]...


Né en Italie, Charles Ruggieri est arrivé en Lorraine à l’âge de 3 ans. Il a grandi dans la vallée de la Fensch, où son père était ouvrier dans la sidérurgie, alors florissante. Celui-ci avait émigré en France pour que ses enfants puissent suivre des études. Ce que fit son fils Charles. Boursier, il étudie le droit à Strasbourg où il obtient sa licence (équivalent du master 1 aujourd'hui) en 1970. 


Restructuration de la sidérurgie lorraine en crise

Il revient alors sur ses terres d’adoption, et commence sa carrière comme cadre dans l'immobilier pour la Sidérurgie Lorraine, groupement des entreprises sidérurgiques de la région. Il était chargé de la restructuration des 25 000 logements, alors que le bassin est touché par la crise. Parallèlement, il suit un DESS et un doctorat de droit à Nancy. « Pendant ces 15 ans, j'ai tout appris de l'entreprise, de l'univers professionnel et de la gestion d'un grand groupe. C'étaient des années passionnantes. Accompagner cette transformation, la reconversion de la Lorraine sidérurgique, a été très formateur » dit-il.

Pendant les 10 années suivantes, il dirige les trois sociétés issues de la restructuration : l'Immobilière Thionvilloise puis Batibail (volet financier), Bail industrie (friches industrielles), Batigère (logements sociaux). « J’ai compris qu’il fallait participer au capital pour avoir voix au chapitre. Alors, en 1987, j’ai proposé au personnel de créer une société et 300 collaborateurs (90% du personnel) ont fait confiance pour m’accompagner et entrer dans le capital » raconte-t-il. Il crée ainsi la société d’investissement Batipart, qu’il préside encore aujourd’hui.


« Construire brique à brique »

Son moteur et sa passion : « développer des entreprises, imaginer une stratégie, animer des équipes, promouvoir des jeunes talents, et maintenir le développement dans un mouvement structuré et pérenne. » « Je ne suis pas un homme de court terme, j’aime construire brique à brique » dit-il. Le but de Batipart : investir dans des sociétés, les développer pour qu’elles deviennent leader sur leur marché. Ce qu’il réussit avec la Foncière des Régions, Korian (leader européen pour la gestion de maisons de retraite) et Eurosic. Une fois le but atteint, après 12 ans en moyenne, Batipart revend ses parts à de nouveaux investisseurs.

Aujourd’hui, Charles Ruggieri se soucie de passer le flambeau à ses enfants, tout trois impliqués dans la direction de l’entreprise : Nicolas gère l’activité immobilière en Europe, Julien développe l’activité hôtelière en Afrique et Claire s’occupe de la gouvernance de l’ensemble.


Le tremplin universitaire

L'université a été pour Charles Ruggieri une « révélation », une grande découverte, celle du savoir. Elle était synonyme d'ouverture, et l'occasion de se forger une méthode de travail, une capacité d'analyse, une faculté de raisonnement et une discipline intellectuelle. Des années qu’il qualifie de déterminantes. «  J'ai été boursier pendant toutes mes études. L'université m'a donné ce tremplin, elle m'a permis d'acquérir les bases nécessaires pour m'engager dans la vie professionnelle ». C'est pourquoi aujourd'hui, par reconnaissance et par conviction, il soutient la Fondation Université de Strasbourg pour l'octroi de bourses aux étudiants méritants et en difficulté. 

Son conseil aux jeunes générations : « ʺFais-le mais fais-le bienʺ comme le répétait mon voisin de chambre en cité universitaire. Il est important d’avoir une exigence de qualité envers soi-même d’abord, et envers les autres. Enfin, il faut oser s’engager, oser entreprendre. C’est un mot noble et une source de richesse personnelle extraordinaire ».

[1] Selon le classement 2018 du magazine Challenges


Propos recueillis par Stéphanie Robert

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