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Aurélie Bedu, professeure de mathématiques, Illkirch-Graffenstaden : diriger la nouvelle génération vers les sciences

Portraits

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31/08/2020

Professeure de mathématiques près de Strasbourg, diplômée de l'UFR de mathématiques et informatique, Aurélie Bedu est devenue enseignante dans le premier et le second degré après une brève expérience comme ingénieure informatique. Elle recherche toujours des procédés pour faciliter la compréhension des élèves et l'attractivité des sciences.


Après son DUT en informatique à Paris, Aurélie Bedu est venue à Strasbourg en 2001 pour obtenir une maîtrise professionnalisée[1] (bac+4) en informatique. Un amour de la technologie et des sciences qui lui vient sans doute de son père ingénieur, toujours à l'affût des technologies dans les années 1980. « J'ai appris à compter sur un vieil ordinateur Thomson » sourit-elle. 


« Je garde un très bon souvenir de mes enseignants à l'université, très à l'écoute et très professionnels. Si ma fille veut faire des études, je lui dirai d'aller à Strasbourg. Je n'ai eu aucun problème à m'insérer dans le monde du travail, j'ai été embauchée par l'entreprise où j'ai fait mon stage ». C'est ainsi qu'elle débute comme ingénieure informatique dans les télécommunications à Strasbourg. Un monde très masculin, qu'elle quitte au bout d'un an pour exercer le métier fait pour elle : enseignante.


« Si on exerce ce métier pour les élèves, on ne peut que l'apprécier » 

Pendant 13 ans, elle est professeure des écoles près de Strasbourg, après avoir passé son diplôme à l'Institut national supérieur du professorat et de l'éducation (INSPÉ) de Strasbourg. « Si on exerce ce métier pour les élèves, on ne peut que l'apprécier » dit-elle. Par amour pour sa discipline, elle a demandé un détachement en 2019 pour l'enseigner dans le second degré. A mi-temps, elle se forme à l'INSPÉ pour approfondir la didactique des mathématiques en préparant le DU Formation professionnalisante Enseignement dans le second degré. « L'Académie m'a offert cette formation, c'est top ». Parallèlement, elle enseigne dans un collège à Illkirch. Elle aimerait plus tard enseigner l'informatique au lycée, ou les maths en anglais dans une section européenne.


Aurélie Bedu est toujours à la recherche de méthodes didactiques pour faciliter la compréhension et faire aimer sa matière. Cela peut être des petites scénettes de théâtre pour aider à comprendre les chiffres positifs et négatifs. « Il faut aimer sa discipline, et aimer l'enseigner à ce public, les adolescents. Tout dépend de la manière dont on les prend ». 

Pendant le confinement, elle a remplacé ces scénettes par des petites vidéos d'animation, qu'elle a réalisées elle-même. Elles sont partagées sur le site de l'Académie de Strasbourg. L'enseignement à distance n'a pas été compliqué à mettre en œuvre pour elle qui maîtrise l'informatique. Le plus difficile était de maintenir la motivation de ses élèves. « En trois mois, on en a perdu, hélas. En 6e, ils sont encore tout jeunes, certains ne maîtrisent pas les outils informatiques. »


Femmes scientifiques

Son autre cheval de bataille est la place des femmes dans l'informatique. « C'est un secteur encore très masculin. Je l'ai vécu. J'ai envie de diriger la nouvelle génération vers les sciences, et de m'investir à l'avenir pour la représentation des femmes dans les sciences. Je trouve terrible que les filles n'aient plus accès à ces filières ou se dévalorisent ».

Son conseil aux jeunes est en résonance : « Envisager toutes les voies de formation, ne pas se fermer de portes ni se laisser enfermer dans une voie ».


Propos recueillis par Stéphanie Robert



[1]    C'était l'époque des IUP, instituts universitaires professionnalisés, qui dispensaient des formations de niveau bac+4 à caractère technologique et professionnel.

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