Préparez votre mobilité étudiante : conseils de diplômés au Japon
In English below
Deux Alumni de l’Université de Strasbourg, actuellement et anciennement installés au Japon, ont partagé leurs expériences personnelles et professionnelles au cours d’un webinar France Alumni Day, organisé par le Service relations Alumni et la Direction des relations Internationales.
![]() | Anis AMOKRANE : docteur en physique des matériaux à l’Université de Strasbourg. Après une thèse réalisée sur le campus de Cronenbourg, il a poursuivi ses recherches au Japon dans le cadre d’un post-doctorat avant de revenir en France. Il travaille aujourd’hui comme ingénieur physicien dans le domaine spatial. Liens vers son profil Alumni et son profil LinkedIn |
![]() | Luc SOLIMAN : diplômé d’une licence en chimie puis d’un master en chimie moléculaire à l’Université de Strasbourg. Après un doctorat à l’Université de Bordeaux, il a rejoint le Japon pour un post-doctorat en chimie organique portant notamment sur la résolution de structures par diffraction des rayons X. Liens vers son profil Alumni et son profil LinkedIn |
Les avantages d’une mobilité
Les deux intervenants ont expliqué que leur départ au Japon était motivé à la fois par un intérêt culturel et par des opportunités académiques et professionnelles.
Luc a souligné que cette expérience lui permettait de découvrir une culture profondément différente de la culture française, mais également une autre manière de penser. Il a aussi souligné le bienfait de développer un réseau professionnel et des perspectives de carrière à l’international, ce qu’une mobilité apporte.
Anis a quant à lui décrit la mobilité comme un véritable défi personnel et professionnel, marqué par un choc culturel important, mais également comme une expérience très enrichissante permettant de relativiser et de développer une grande capacité d’adaptation. Une expérience qui est marquante de manière durable.
La préparation avant le départ
Les deux intervenants ont relevé la barrière linguistique comme une de principales difficultés qu’il faut bien évaluer, anticiper puis préparer.
Anis a expliqué qu’il avait sous-estimé l’importance de la langue japonaise, pensant que l’anglais serait largement utilisé dans le milieu universitaire. Or, même si certains documents sont rédigés en anglais, les échanges du quotidien et les démarches administratives restent majoritairement en japonais. Il a ainsi conseillé aux étudiants de commencer l’apprentissage du japonais avant le départ et de profiter des cours proposés par les universités sur place.
Luc a partagé une expérience similaire. Malgré une préparation de quelques mois avant son arrivée, il a été confronté à l’omniprésence des kanjis alors qu’il avait préparé davantage les hiragana et katakana ainsi que nombreuses situations administratives nécessitant une maîtrise minimale de la langue.
Les deux intervenants ont insisté sur l’importance de ne pas hésiter à demander de l’aide et de rester patient face aux difficultés initiales. Ils ont également recommandé plusieurs outils d’apprentissage du japonais, notamment les applications Renshuu (renshuu.org) et Kanji Study, tout en déconseillant une utilisation exclusive de Duolingo pour un projet de mobilité au Japon.
Différences culturelles
Les intervenants ont évoqué plusieurs différences culturelles marquantes entre la France et le Japon.
Ils ont notamment souligné que le respect est très important et la hiérarchie est présente aussi bien dans le monde professionnel que dans les relations sociales.
Ils ont expliqué que la communication japonaise est souvent indirecte, illustrant cela par la compréhension du « non japonais » ;En effet, deux histoires très similaires ont été partagées : quand ils entendaient "it’s complicated " ou des expressions similaires, cela impliquait un refus sans être explicite.
Les démarches administratives ont également été présentées comme particulièrement complexes, notamment pour l’ouverture d’un compte bancaire, l’obtention d’un numéro de téléphone ou l’enregistrement auprès de la mairie. Les intervenants ont insisté sur la nécessité de faire preuve de patience et de capacité d’adaptation. Luc a expliqué que contrairement à la culture française se plaindre pour l’avancement administrative n’est pas possible au Japon même s’ils sont extrêmement précis pour la réalisation des démarches.
Budget à prévoir
Concernant le coût de la vie, les deux intervenants ont expliqué que le budget dépend fortement de la ville de résidence. Tokyo a été décrite comme nettement plus coûteuse que d’autres villes comme Nagoya ou Osaka.
Le prix des billets d’avion aller-retour a été estimé à environ 1500 euros. Les dépenses mensuelles liées à l’alimentation ont été évaluées entre 250 et 300 euros. Le logement représente également une part importante du budget, avec des montants variables selon le type de résidence et la ville.
Les transports ont été identifiés comme un poste de dépense important, notamment dans les grandes villes où les déplacements sont fréquents.
Concernant le travail étudiant, les intervenants ont rappelé que les possibilités dépendent fortement du type de visa obtenu et qu’il est nécessaire de se renseigner en amont sur les autorisations de travail.
Intégration sociale
Les deux diplômés ont expliqué sur l’intégration sociale peut demander du temps, notamment en raison de la timidité de certains Japonais et des barrières linguistiques. Ils ont conseillé à ne pas hésiter à faire premier pas et aller vers les gens.
Luc a partagé que ses activités de loisir comme l’escalade et les jeux de société lui avaient permis de rencontrer des personnes et de progresser en japonais plus facilement.
Anis a également encouragé les étudiants à participer aux activités organisées par l’université ou laboratoire comme les afterworks, s’inscrire dans les clubs sportifs pour une intégration plus rapide et naturelle.
Concernant le réseautage sur place, Anis a mentionné qu’au Japon le réseau social Facebook est toujours largement utilisé, notamment on y trouve les groupes par thème comme les étudiants étrangers, universités précises, etc…
Derniers conseils
Pour conclure, les Alumni ont redonné leurs derniers conseils : anticiper les démarches administratives, commencer l’apprentissage du japonais avant le départ, ne pas hésiter à demander de l’aide, faire preuve de patience et l’ouverture de l’esprit.
Propos recueillis par Liana Shamoevi 4 mai 2026
Prepare for your student mobility: advice from graduates in Japan
Two Alumni of the University of Strasbourg, currently and formerly based in Japan, shared their personal and professional experiences during a France Alumni Day webinar, organized by the "Service relations Alumni" and the "Direction des relations Internationales".
Anis Amokrane (link to his Alumni profile:https://alumni.unistra.fr/fr/person/anis-amokrane/20879 LinkedIn profile: Anis Amokrane, PhD | LinkedIn ) holds a PhD in Materials Physics from the University of Strasbourg. After completing his doctoral research on the Cronenbourg campus, he continued his research in Japan through a postdoctoral position before returning to France. He now works as a physicist engineer in the aerospace sector.
Luc Soliman (link to his Alumni profile: https://alumni.unistra.fr/fr/person/luc-soliman/49251 LinkedIn profile: Luc Soliman | LinkedIn ) graduated with a bachelor’s degree in chemistry and a master’s degree in molecular chemistry from the University of Strasbourg. After completing a PhD at the University of Bordeaux, he moved to Japan for a postdoctoral position in organic chemistry, particularly focused on structure determination using X-ray diffraction.
The benefits of international mobility
Both speakers explained that their move to Japan was motivated by both cultural interest and academic and professional opportunities.
Luc emphasized that this experience allowed him to discover a culture profoundly different from French culture, as well as a completely different way of thinking. He also highlighted the importance of developing an international professional network and opening up international career opportunities through mobility.
Anis described mobility as both a personal and professional challenge, marked by a significant cultural shock, but also as a deeply enriching experience that helped him gain perspective and develop strong adaptability skills an experience with a lasting impact.
Preparing before departure
Both speakers identified the language barrier as one of the main challenges that students must properly evaluate, anticipate, and prepare for.
Anis explained that he had underestimated the importance of the Japanese language, assuming that English would be widely spoken in academic environments. However, even though some documents are written in English, daily interactions and administrative procedures remain largely conducted in Japanese. He therefore advised students to start learning Japanese before departure and to take advantage of language courses offered by universities.
Luc shared a similar experience. Despite preparing for several months before his arrival, he was confronted with the omnipresence of kanji characters, while his preparation had focused mainly on hiragana and katakana. Numerous administrative situations required at least basic Japanese skills.
Both speakers stressed the importance of asking for help when needed and remaining patient during the initial adaptation period. They also recommended several Japanese-learning tools, especially Renshuu and the Kanji Study app, while advising students not to rely exclusively on Duolingo for a mobility project in Japan.
Cultural Differences
The speakers discussed several striking cultural differences between France and Japan.
They notably highlighted the importance of respect and hierarchy, both in professional settings and in social relationships.
They explained that Japanese communication is often indirect, illustrating this with the example of the “Japanese no.” Both shared very similar experiences: when they heard expressions such as “it’s complicated,” they didn’t understand right away that it actually implied a refusal without saying “no” explicitly.
Administrative procedures were also described as particularly complex, especially when opening a bank account, obtaining a phone number, or registering at the city hall. The speakers emphasized the need for patience and adaptability. Luc explained that unlike in French culture, complaining or confronting administration to speed up procedures is generally not possible in Japan, even though procedures are carried out with extreme precision.
Budget
Regarding the cost of living, both speakers explained that the budget strongly depends on the city of residence. Tokyo was described as significantly more expensive than cities such as Nagoya or Osaka.
Round-trip plane tickets were estimated at around 1500 euros. Monthly food expenses were estimated between 250 and 300 euros. Housing also represents a significant part of the budget, with prices varying depending on the type of accommodation and the city.
Transportation was identified as another major expense, especially in large cities where frequent travel is necessary.
Regarding student jobs, the speakers reminded students that work opportunities depend heavily on the type of visa obtained and that it is important to check work authorization conditions beforehand.
Social Integration
The two graduates explained that social integration can take time, particularly because of the shyness of some Japanese people and the language barrier. They encouraged students not to hesitate and to take the first step and approach people themselves.
Luc shared that hobbies such as climbing and board games helped him meet people and improve his Japanese more naturally.
Anis also encouraged students to participate in activities organized by universities or laboratories, such as afterwork gatherings, and to join sports clubs for faster and more natural integration.
Regarding networking in Japan, Anis mentioned that Facebook is still widely used there, particularly for groups related to international students, universities, or specific research fields.
Final Advice
To conclude, the Alumni shared their final recommendations: anticipate administrative procedures, start learning Japanese before departure, do not hesitate to ask for help, remain patient, and keep an open mind.
Interview conducted by Liana Shamoevi, May 4, 2026
Commentaires0
Veuillez vous connecter pour lire ou ajouter un commentaire
Articles suggérés

