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Coralie Neiner : observatrice d’étoiles

Portraits

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04/12/2015

Son métier en fait rêver plus d’un. Coralie Neiner observe et étudie les étoiles, leurs pulsations et leur magnétisme. Passionnée et déterminée, elle a découvert un nouveau type d’étoiles magnétiques durant sa thèse qui lui a valu la une des journaux astronomiques. A 40 ans, cette diplômée du master d’astrophysique de Strasbourg coordonne un projet international de satellite européen.

Au LESIA, un des laboratoires de l’Observatoire de Paris, Coralie Neiner, chercheuse CNRS, coordonne l’équipe MagMaS qui signifie « Magnetism and Massive Stars ». Depuis sa thèse il y a 15 ans, elle étudie les étoiles chaudes, massives, celles qui ont des pulsations ou un champ magnétique. « Les pulsations, vibrations que l’on observe à la surface, nous renseignent sur l’intérieur de l’étoile : taille du cœur, mélange chimique, etc. Les champs magnétiques aussi. Mes objets d’étude favoris sont celles qui sont à la fois pulsantes et magnétiques pour mieux comprendre la physique de ces étoiles » explique-t-elle.

Projet de satellite européen
Son outil de travail est l’observation. Plusieurs fois par an, elle se rend en mission dans les observatoires au Chili, à Hawaï, dans les Alpes ou les Pyrénées, puis  de retour à son bureau, elle traite et analyse les données, écrit ses publications. « Ce que je préfère est la partie recherche, avoir les mains dans les données, jouer avec mes spectropolarimètres… Chaque fois que je découvre un nouveau champ magnétique, je suis comme une gamine. C’est plus un jeu pour moi qu’un travail » sourit-elle. Compte tenu des conférences, congrès, réunions internationales et comités, elle est en mission 2 à 3 fois par mois. Elle confie travailler 70h par semaine. En astrophysique, les projets sont la plupart du temps internationaux. Actuellement, elle coordonne un projet candidat, porté par un consortium de 300 personnes dans le monde, pour le satellite européen Arago. S’il est sélectionné par l’ESA l’été prochain parmi les 30 candidats, il serait lancé à l’horizon 2030. Un projet à 650 millions d’euros, autant dire que l’enjeu est grand.

A la une des journaux
Coralie Neiner a su qu’elle serait astrophysicienne depuis le collège. Elle était fascinée par l’infini, l’univers, la vie extraterrestre et autres questions existentielles. Elle a tout mis en œuvre pour réaliser son rêve, elle sait que les places sont chères. Elle suit les études de physique à l’Université de Strasbourg pour intégrer le DEA d’astrophysique, elle prend toutes les options possibles en astrophysique et chaque été depuis sa première année, elle réalise un stage à l’Observatoire de Strasbourg dirigé par Agnès Acker. Elle obtient son DEA en 1998. Avec sa première place au classement, elle obtient une bourse pour sa thèse qu’elle réalise sous la double tutelle des Universités de Strasbourg et d’Amsterdam. Doctorante, elle a fait la une des journaux astronomiques en découvrant le premier champ magnétique dans un certain type d’étoiles, les SPB. En 2007, elle obtient le prix du jeune chercheur de la Société française d’astronomie et d’astrophysique.

« Le hasard ne favorise que les esprits préparés », Louis Pasteur
Son conseil pour les étudiants intéressés par l’astrophysique : effectuer des stages très tôt et avoir une stratégie dans le choix de la thèse et du post-doc pour obtenir un des rares postes (le concours du CNRS compte 200 candidats pour 2 à 3 postes). « Ceux qui réussissent sont talentueux et travailleurs, bien sûr, mais ils ont aussi construit un réseau de collaborations, avec des soutiens, sur des sujets porteurs. On n’obtient pas un poste par hasard. D’ailleurs, dans ma thèse, j’ai cité Louis Pasteur : ˮLe hasard ne favorise que les esprits préparés ˮ ».

Stéphanie Robert

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