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Cédric Alviani, directeur du bureau Asie de l’Est, Reporter sans frontières : La défense du journalisme en Asie

  • 23 avr. 2019
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  • Catégorie : Portraits
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  • Auteur : Service Relations Alumni UNISTRA
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Cédric Alviani, directeur du bureau Asie de l’Est, Reporter sans frontières :  La défense du journalisme en Asie

Diplômé du CUEJ et installé à Taipei depuis bientôt 20 ans, Cédric Alviani défend le droit à l’information en Asie pour la célèbre ONG Reporter sans frontières (RSF). Un but noble qui le motive et un métier qui fait la synthèse d’un parcours atypique.


Cédric Alviani a été recruté par Reporter sans frontières en 2017 pour créer et développer le bureau Asie de l’Est à Taipei, une des quinze implantations à l’étranger de l’ONG dont le siège est à Paris. Il couvre la Chine, Hong-Kong-Macau, Taiwan, le Japon, les deux Corées et la Mongolie. Son rôle est de défendre le droit de chacun à une information libre et de qualité : faire savoir lorsque ce droit est menacé, porter assistance aux journalistes en danger et les aider à mieux se protéger, sensibiliser le grand public, les gouvernements, la société civile et les médias... Il travaille avec une collègue taïwanaise et l’assistance de personnel temporaire et de stagiaires... Au quotidien, l’équipe jongle avec 6 langues.


« Le nouvel ordre mondial des médias selon la Chine »

Cédric Alviani vient de terminer un important rapport d'enquête qui dévoile la manière dont la Chine s’emploie à prendre le contrôle des médias dans le monde. Très fouillé et documenté, ce rapport de 52 pages, « Le nouvel ordre mondial des médias selon la Chine » a été publié fin mars et figure en une du site de RSF. 

« C'est un grand bonheur de travailler pour une organisation à but non lucratif qui défend le journalisme, dont l’existence est une condition essentielle au bon fonctionnement de la démocratie, de l’Etat de droit et au respect des droits humains. J'ai le sentiment de participer à améliorer la société. Le développement du bureau et de RSF ouvrent de grandes perspectives ». 

Il est notamment en train de créer à Taipei une association de droit local, ce qui va accentuer l’ancrage du bureau et ses leviers d'action. RSF est aussi en train de créer un label qui permettra aux médias de qualité d'être mis en avant sur le web, afin de lutter contre les médias de propagande et le sensationnalisme. Tout cela constitue « un défi très excitant ».


Créateur du Festival du film européen de Taïwan

Cédric Alviani a étudié l'histoire, l'anthropologie et les sciences politiques à Lyon avant d'avoir le déclic pour le journalisme et de se former au CUEJ (Centre universitaire d'enseignement du journalisme) entre 1996 et 1998. « Ces deux années d’études ont été les plus belles. Strasbourg est une ville très agréable et les études étaient passionnantes. J'étais correspondant aux DNA, j'allais en vélo dans les quartiers pour des reportages... » se souvient-il.

En 1998, fraîchement diplômé, il renonce à un poste aux DNA pour effectuer son service national en coopération. Il devient ainsi attaché audiovisuel pour le Ministère des Affaires étrangères à Bangkok pendant deux ans, puis à Taipei pendant quatre ans. Il est chargé de promouvoir les productions audiovisuelles françaises et créer des liens avec les partenaires locaux. On lui propose un autre poste en Inde, mais il préfère rester à Taipei et ouvre sa boîte de production d’événements. Il crée notamment le Festival du film européen de Taïwan et le produit pendant 12 éditions. En 2010, il ajoute une autre expérience : directeur de la Chambre de commerce et d'industrie de Taïwan, une association à but non lucratif, pendant deux ans.


« Il ne faut pas avoir peur d'un parcours atypique »

Ces expériences peuvent sembler éloignées les unes des autres mais, comme l'explique Cédric, « assez miraculeusement, ce poste à RSF me donne l’occasion de mettre à profit toutes ces compétences: création et gestion d'une entreprise et d'une association, organisation d'évènements, connaissance des pouvoirs publics et de la région Asie... Je m'estime très chanceux d'avoir un travail aussi intéressant ». 

Il ajoute, comme conseil aux étudiants et alumni : « Il ne faut pas avoir peur d'un parcours atypique, c'est signe que l'on est curieux et capable de se remettre en question. Prenez le temps de vous connaître et n'ayez pas peur de faire des choses différentes, si elles vous construisent. »


Propos recueillis par Stéphanie Robert

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